15 juin 2013

Voyage du mois de mars, jour 5: Tottori et retour

J’entame le 5ème et dernier article racontant le petit voyage que nous fait au mois de Mars. Après nôtre arrivée à Hiroshima, la visite de l'île sacrée de Miyajima, le Parc de la Paix, et le village traditionnel de Iwami (cliquez sur les noms pour accéder aux articles), le cinquième jour, nous sommes allés...


Dans le désert ε=┏(゚ロ゚;)┛ !

 Nous avons passé notre 4ème nuit dans un hôtel très agréable de la ville de Tottori, dans la région de Chûgoku. Une ville très normale, sans distinction particulière. Les rues autour de l'hôtel abritent principalement des restaurants, et quelques karaokes, ainsi que la gare, le tour en est rapidement fait.
Au matin, Sylvain sait déjà où nous allons nous rendre aujourd'hui. Après un passage rapide à la gare où nous consultons une carte, il m'annonce qu'un bus est sensé nous emmener vers notre destination, mais qu'en évaluant la distance ça n'a pas l'air si loin et que nous pouvons "sans doute" le faire à pieds. Aaaaah ~ Sylvain! Je suppose qu'il n'aime pas le bus. Ça a beau nous avoir déjà causé quelques soucis, c'est la même histoire à chaque fois. Au moins, cette année, on aura marché! En route, donc, sur nos deux pieds, sur l'avenue principale de la ville. En chemin, nous passons devant une minuscule boutique, très sombre, qui retient mon attention: on peut y acheter des sakura-mochi, spécialité de la saison (nous sommes à seulement quelques jours du Hinamatsuri, dont je vous ai déjà parlé). Comme je ne veux surtout pas manquer cela (je vous parlerai de ma passion pour le mochi), j'en achète donc un auprès d'une petite vieille dame qui semble gérer toute seule sa boutique. C'est impressionnant, l'age jusqu’auquel travaillent certains Japonais.
Nous poursuivons notre chemin, dans une rue sans charme. La route est large avec beaucoup de voiture, et ça empire quand nous approchons de la sortie de la ville. Le soleil commence à être chaud, en ce début de printemps, et nous avons nos bagages de cinq jours sur le dos. La ville s'éloigne et nous sommes toujours en marche sur le bord d'une large route, nous entamons une montée qui se solde par un tunnel. Ce n'est pas fait pour les piétons. C'est après près d'une heure de marche, quand je commence à désespérer, que nous y arrivons. Soudain, on sent l'odeur de la mer. Sylvain nous fait traverser, puis après quelques mètres, nous arrivons au milieu des dunes de sable de Tottori.

"Des dunes de sable?!", me dis-je, et me direz-vous. Ici? Au bord de la Mer du Japon? Ça ne peut-être que fabriqué par l'Homme, pour les touristes. Et pourtant, non. Vu l'étendue de sable, ça paraît très improbable, et de fait elles sont ici depuis plus de 100 000 ans. C'est la rivière Sendai qui a amené des sédiments des montagnes de Chûgoku jusqu'à la mer. Une grande partie des dunes a été recouverte par un projet de reforestation mené par l'Etat après la Seconde Guerre Mondiale, mais l'étendue qu'il reste est tout de même impressionnante.
Nous marchons sur le sable fin, dans lequel le vent ne manque pas de dessiner les fameuses vaguelettes. De n'avoir pas pris le bus nous a permis d'arriver à un point éloigné des touristes. Autour de nous: du sable. Une telle immensité de sable que nous en sommes euphorique. Au point d'oublier l'heure de marche qui, finalement, en valait la peine.

Nous avançons plusieurs minutes pour arriver en vue de la mer. Sous le ciel qui s'assombrit et devient orageux, la Mer du Japon, que nous approchons réellement pour la première fois, est déchainée. La côte du Pacifique est remplie de ports, de complexes touristiques et d'aménagements humains. Et l'océan, (peut être parce qu'il est Pacifique :p ) fait peu de vagues. Mais la Mer du Japon, que nous avons vu à plusieurs reprises ces derniers jours est bien plus sauvage. Les vagues qui se brisent sur les côtes rocheuses, sans aménagements, ne laissent apercevoir à l'horizon aucun bateau.
A l'horizon, une île à la forme particulière d'une carapace de tortue. Nous trainons un moment près des vagues, puis remontons sur les dunes, vers le point où sont regroupés les touristes. Arrivés sur la plus haute, la plus connue, nous avons vue sur l'horizon, et en se retournant, sur un lac, en plein milieu du sable. Nous retournons ensuite vers la route, suivant les autres visiteurs.
C'est une belle visite dans un lieu très singulier. Nous regrettons un peu l'aspect touristique de l'endroit quand sur le retour nous remarquons qu'ils proposent des promenades à dos de chameau, concept complètement décalé à nos yeux, qui enlève un peu de l'authenticité du lieu. Malgré cela, très contents d'être venus, nous mangeons sur place un râmen avant de prendre le bus pour revenir à la gare.

Le trajet de train retour nous permet d'observer de beaux coins de campagne, encore très différents de ceux que nous avons vu à l'aller. L'arrivée à Osaka est un peu plus dure: vendredi soir à l'heure de pointe. Nous rentrons chez moi, épuisés, et satisfait du grand nombre de découvertes qu'on a pu faire en 5 jours.

Vacances du mois de Mars, vers Hiroshima et la Mer du Japon: FIN.

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