11 février 2013

Novembre 2012: Hasedera

 Je tarde à vous parler de certaines promenades, qui en valaient pourtant le détour.


En Novembre, (le 18 si ma mémoire est bonne), par un dimanche ensoleillé, nous sommes partis à l'aventure à quelques stations de train de ma fac. Nous avons pris la Kintetsu en direction de Ise et Nagoya (à l'opposé de Osaka), sans objectif précis: c'est la ligne que nous prenons tous les week-end pour nous retrouver, et le paysage de montagnes qui défile de la fac jusqu'à Ise est vraiment splendide. Alors à l'occasion, on a pensé bien d'aller se promener par là bas.
Après avoir passé 7 ou 8 gares, je propose à Sylvain de descendre à la prochaine station qui s'appelle "Hasedera", parce que "tera" signifie "temple", et qu'on n'en a pas encore vu beaucoup. Nous sommes les seuls à descendre.

La ville est jolie: étalée sur le flanc de la montagne, jusqu'à la vallée. Les rues sont pentues, avec des petits escaliers, qui évoquent les petites citées médiévales françaises auxquelles on aurait ajouté l'architecture à la japonaise. En arrivant au niveau de la vallée, on croise quand même quelques touristes Japonais, quelques groupes de grand-mères, mais l'ambiance reste au grand calme.
Comme il est midi et qu'on cherche un endroit pour manger, une petite mamie sort de son restaurant pour nous inviter à entrer! On se laisse tenter. Les plats vendus sont dans la tradition japonaise: râmens, udon, riz... Oyakodon pour moi et curry-rice pour Sylvain (j'ai des pages entières à écrire pour la nourriture). La mamie ne dit pas grand chose: le village n'a pas l'air d'être très habitué aux étrangers, mais l'ambiance se détend quand on lui dit que les plats sont très bons. Avant de partir, je lui demande s'il est possible de la prendre en photo. "Une vieille grand-mère comme moi?". Elle m'a mis la main dans le dos pour la photo; j'ai ressenti une convivialité qui m'a fait chaud au cœur.


La visite continue. Sans bien comprendre pourquoi, il semblerait que l'on marche dans le sens inverse des promeneurs. On emprunte des petites rues, des petits escaliers, arrive vers un petit temple, poursuit la promenade vers un plus gros bâtiments à l'apparence d'un monastère donc l'accès est interdit. On coupe par une charmante forêt de bambous, et nous voici arrivés, je pense, vers le "centre-ville". Les groupes de touristes s'intensifient un peu, les rues sont de plus en plus charmantes. On monte des escaliers que les gens descendent: tant pis, on va prendre la visite à l'envers! (^^ ). Qu'est-ce qui nous attend en haut des escaliers?
 Une vue superbe sur les toits de la ville, à coup sûr, mais aussi... Une pagode! Une belle pagode à 5 étages. Avoisinée par un petit cimetière, un second bâtiment ressemblant à un temple, une route et un petit chemin. On emprunte d'abord le chemin, qui mène à un cimetière dans la montagne. Joli. Tellement moins triste que certains de ceux qu'on a en France. On fait ensuite demi-tour pour rejoindre la route et poursuivre la visite. Troisième bâtiment bouddhique. Un petit chemin qui descend. Et nous y voilà. Le "Hasedera". Un temple bouddhiste énorme. Alors là, pour une visite choisie au hasard, on a fait fort.

Le lieu n'a pas l'air d'être très connu des étrangers, mais il y a un bon nombre de visiteurs Japonais. D'après l'article de Wikipédia, il s'agit du temple principal de l'une des branches du bouddhisme Shingon. Le bâtiment original aurait été construit en 686, et à l'intérieur, interdite aux photos, se trouve une énorme statue de déesse (apparemment la déesse Kannon aux neufs visages, l'une des plus populaires au Japon). Celle-ci mesure 9m de haut et est vraiment superbe, et impressionnante. L'intérieur du temple est plutôt ouvert et aéré, et bien qu'il reste sombre, on ne retrouve rien de commun à l'ambiance froide et effrayante des églises françaises (que j'aime beaucoup visiter et que je trouve souvent très belles, mais qui me donnent une image solitaire et inquiétante de la religion). C'est plutôt dans la dorure, la beauté, et surtout le mystère des quelques rayons de lumières qui se reflètent sur les statues.

Sur le devant du bâtiment, une grande terrasse montée sur une structure de bois impressionnante, qui donne vue sur la montagne, la ville en contrebas. D'ailleurs, le kôyô (les arbres aux couleurs d'automne) en envoyait plein les yeux. A l'entrée, des ema (plaques de bois où l'on écrit un souhait), des mikuji ... Aussi des grandes "rangées" de "piliers", et des alignements de petites statuettes bouddhistes en pierre. Couvertes de petits bonnets, apparemment bien habillées pour la saison.


On a terminé la promenade en descendant les longs escaliers (399 marches), début de la visite pour ceux qui la prennent dans le bon sens. Les alentours comme la structure, tout était très beau à voir. La visite valait vraiment le déplacement, et je pense que la saison était bien choisie.



Les photos:  Partie 1    /     Partie 2


Ô, superbe Japon :)

2 commentaires:

  1. super reportage, belles photos et un texte sympa
    très fier de toi
    PAPA

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  2. Il faudrait y retourner en été pour voir si les petites statuettes ont des chapeau de paille!

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